Entre les clients à servir, les équipes à coordonner et les factures à émettre, la cybersécurité PME peut facilement passer au second plan. Elle prend pourtant toute son importance le jour où un incident survient. Selon le rapport de l’assureur Hiscox 2023, le coût médian d'une cyberattaque s'élève à environ 14 700 € par entreprise touchée, et une sur huit dépasse 230 000 €. Un trou dans la trésorerie dont tout le monde se passerait bien ! Voici sept idées reçues sur la sécurité informatique en PME qui exposent aux attaques, et comment mieux s'en protéger.
L’essentiel en bref :
- Aucune PME n'est trop petite pour être visée : en 2025, près d'une victime de rançongiciel sur deux connue de l'ANSSI était une PME, une TPE ou une ETI.
- Comptes bancaires, fichiers clients, accès aux outils : toute entreprise détient des données de valeur, que visent le piratage de compte, l'hameçonnage et la fraude au virement.
- Un antivirus est une bonne base, à compléter par une double authentification et des accès bien protégés.
- Le coût médian d'une cyberattaque est d'environ 14 700 € par entreprise touchée, toutes tailles confondues.
- Savoir repérer un message suspect s'apprend et s'évalue : aujourd'hui, près d’1 personne en emploi sur 2 reconnaît une tentative de phishing. Les Parcours Apprenants de Pix Pro permettent de mesurer le niveau des équipes, puis de les faire progresser.
Idée reçue n°1 : Ma PME est trop petite pour intéresser un hacker
Près de 6 entreprises sur 10 estiment être peu exposées aux cyberattaques ou ne savent pas évaluer leur niveau de risque, selon le baromètre 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr. Parmi celles qui ont déjà subi un incident, elles sont 62 % à se sentir fortement exposées. Pourtant, la taille et le secteur d'activité pèsent peu dans le choix d'une cyberattaque. L'ANSSI indique, dans son panorama de la cybermenace 2025, que les PME, TPE et ETI représentent 48 % des victimes de rançongiciel en France, contre 37 % en 2024. Ce chiffre repose uniquement sur les 128 compromissions portées à sa connaissance. D'autres cas ont pu rester hors de son radar. Et avec l'IA générative, qui permet de préparer des attaques plus crédibles et à plus grande échelle, cette tendance pourrait se renforcer.
Même sans rançon, un cas récent confirme qu’une petite structure compte dans la chaîne de sécurité. Dans son rapport d’incident de septembre 2026, l’ANSSI explique que des données cadastrales de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) ont été exfiltrées après la compromission du poste d’un géomètre-expert, dans un cabinet privé. Cet accès a permis de contourner la double authentification. Une entreprise modeste peut ainsi devenir un maillon de la chaîne d'une attaque qui vise plus gros.
Idée reçue n°2 : Ma PME détient trop peu de données pour intéresser les cyberattaquants
Chaque PME et chaque collectivité, même très petite, détient des éléments de valeur : comptes bancaires, fichiers clients, accès à des outils de partenaires… En 2025, selon Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de compte est en tête des motifs d’assistance des entreprises et associations (21 % des parcours d’assistance), devant l’hameçonnage (16 % des diagnostics). La fraude au virement entre dans le trio de tête (13,5 %), avec un nombre de diagnostics en hausse de 93 % par rapport à 2024.
Ces trois motifs touchent des accès, des identifiants et des virements, que chaque entreprise manipule au quotidien, quelle que soit sa taille. Face aux cyberattaques en France en 2025, 27 934 entreprises et associations ont demandé de l’aide auprès de 17Cyber, le service public d’assistance en ligne destiné aux particuliers, entreprises, associations et collectivités victimes de cybermalveillance.
Idée reçue n°3 : Mon antivirus suffit à protéger mon entreprise ou la collectivité
Un antivirus détecte et bloque les logiciels malveillants sur les postes de travail. C'est une excellente base, mais une seule barrière parmi d’autres. Les entreprises l’ont bien compris, puisque 84 % des TPE-PME équipées de dispositifs de sécurité en ont un.
Mais un antivirus s'appuie sur des signatures de virus connus, alors que des milliers de nouveaux virus sont créés chaque jour : aucun antivirus d’entreprise ne garantit une protection absolue. Il ne couvre pas non plus les autres portes d'entrée. Dans l'étude internationale de Verizon, l'exploitation d'une faille de sécurité non corrigée est désormais la première voie d'entrée des violations de données (31 % des cas analysés en 2026, contre 20 % un an plus tôt). D'où trois compléments à l'antivirus pour la sécurité informatique en entreprise : des mises à jour régulières, des accès bien protégés et des équipes formées. C’est l’objet du Parcours Apprenants “Sécuriser ses comptes sur les services en ligne” de Pix Pro qui aborde :
- le choix d’un mot de passe robuste
- la protection des mots de passe contre le dévoilement
- le gestionnaire de mots de passe : intérêt, fonctionnement, limites
- la double authentification et l’authentification multifacteur : intérêt, fonctionnement, limites



