Utiliser l'IA au quotidien ne veut pas forcément dire savoir bien l'utiliser. Beaucoup de professionnels s'en servent déjà pour rédiger, chercher ou synthétiser, mais rares sont ceux qui ont pris le temps de vraiment s'y former.
Pour Pierre-Yves Oudeyer, chercheur en sciences cognitives et IA à l'Inria, cet écart n'est pas anodin : il parle même d'une "illusion de compétence", qui pousse à croire qu'on maîtrise un outil simplement parce qu'on l'utilise souvent.
Dans ce dernier épisode de notre série « Mieux comprendre l'IA », il explique pourquoi se former reste indispensable, et ce qui distingue une formation efficace d'un simple usage superficiel.
Qu'est-ce que "l'illusion de compétence" face à l'IA
L'illusion de compétence, c'est la sensation de maîtriser un outil d'IA simplement parce qu'on l'utilise souvent, sans en comprendre réellement le fonctionnement ni les limites.
Pierre-Yves Oudeyer part d'un constat : « Beaucoup de gens et beaucoup d'organisations veulent utiliser l'IA dans le cadre professionnel, mais très peu se forment. »
Selon lui, ne pas se former à l'IA n'est pas neutre : c'est un risque individuel, pour la qualité du travail produit, et collectif, pour l'organisation. Cette illusion est d'autant plus difficile à détecter que, sans évaluation objective, il est presque impossible de distinguer un usage réellement maîtrisé d'un usage seulement répété.
Chez Pix, nous retrouvons ce même constat d'hétérogénéité sur le terrain : entre collaborateurs curieux mais hésitants, ceux qui restent en retrait, et ceux qui utilisent l'IA très régulièrement sans en maîtriser les limites, les écarts de compétences peuvent se creuser rapidement au sein d’une organisation.
Quels sont les 3 piliers d'une formation IA qui fonctionne ?
Pierre-Yves Oudeyer identifie trois conditions à une formation efficace :
- Une évaluation objective du niveau
- Un parcours qui s'adapte au rythme de chacun
- Des activités ancrées dans le concret
« Pas de la théorie pour la théorie », résume-t-il.


